Comprendre les Notices Jaunes

Qu'est-ce qu'une Notice Jaune INTERPOL ?

Une Notice Jaune est une demande adressée par un pays membre d'INTERPOL à tous les autres, leur demandant d'aider à localiser une personne disparue, souvent un mineur, ou à identifier une personne incapable de décliner son identité. Elle est diffusée sur le réseau mondial d'INTERPOL et accessible aux services de police de tous les États membres. La suppression d'une Notice Jaune s'obtient par requête formelle devant l'organe de contrôle indépendant d'INTERPOL, la Commission de Contrôle des Fichiers d'INTERPOL (CCF). Encore faut-il maîtriser l'article 90 du RTD et la dimension familiale propre à ces notices.

Les Notices Jaunes ne sont pas des instruments d'arrestation. Elles n'autorisent aucune détention ni aucune mesure coercitive. La distinction tient en théorie. En pratique, l'effet sur la personne visée est souvent lourd : les services frontaliers signalent régulièrement les personnes inscrites à l'entrée, les autorités d'immigration peuvent refuser les visas, et les conséquences réputationnelles d'une présence dans la base INTERPOL persistent bien au-delà de la finalité initiale de la notice.

À la différence des Notices Rouges, qui visent l'arrestation provisoire en vue d'une extradition, les Notices Jaunes sont publiées au titre de l'article 90 du Règlement sur le Traitement des Données (RTD) à trois fins strictement définies : localiser une personne disparue, identifier une personne incapable de décliner son identité, ou identifier un corps. En pratique, la catégorie la plus volumineuse concerne les enlèvements parentaux internationaux, lorsqu'un parent a déplacé un enfant hors des frontières. Depuis 2022, INTERPOL applique des restrictions internes aux Notices Rouges dans ce contexte, excluant la publication lorsque des décisions contradictoires de garde existent et que les deux parents ont pris part à la procédure judiciaire, ou lorsqu'une procédure au titre de la Convention de La Haye s'est conclue par l'attribution de la garde au parent visé par la notice. Aucune restriction équivalente n'existe pour les Notices Jaunes, et le contrôle de la CCF au titre de l'article 90 reste le garde-fou principal. Les demandes de suppression sont fréquemment introduites lorsque l'enfant a été localisé et la garde fixée, ou lorsque la notice a servi de levier dans un contentieux de garde plutôt qu'à la finalité de localisation ou d'identification visée à l'article 90.

Publication des Notices Jaunes

La procédure commence lorsqu'un Bureau Central National (BCN), organe de liaison national que chaque pays membre d'INTERPOL maintient, saisit le Secrétariat général d'INTERPOL à Lyon. S'agissant d'une Notice Jaune, la demande doit établir que la personne est réellement disparue ou non identifiable, fournir des éléments d'identification suffisants, exposer les circonstances de la disparition ou de l'absence d'identification, et confirmer qu'une assistance des services de police est nécessaire pour une finalité relevant de l'article 90.

Avant de soumettre la demande, le BCN est tenu, en vertu de l'article 76 du RPD, de vérifier que les données sont licites, que les conditions de publication sont remplies, que la demande présente un intérêt pour la coopération policière internationale et qu'elle respecte les articles 2 et 3 de la Constitution d'INTERPOL.

La Task Force Notices et Diffusions (NDTF) du Secrétariat général procède alors à un contrôle juridique obligatoire au titre de l'article 86 du RTD. L'examen porte sur la conformité au Statut et à la réglementation d'INTERPOL, notamment aux articles 2 et 3. L'article 2 impose que les activités d'INTERPOL respectent la Déclaration universelle des droits de l'Homme. L'article 3 interdit à INTERPOL toute activité à caractère politique, militaire, religieux ou racial.

Si la notice passe le contrôle, elle est publiée et diffusée à l'ensemble des pays membres. Sinon, INTERPOL peut refuser la publication ou solliciter un complément d'information du BCN. En 2025, INTERPOL a publié 3 474 Notices Jaunes et 1 369 diffusions jaunes. Les chiffres absolus sont inférieurs à ceux des Notices Rouges, mais 65 Notices Jaunes et diffusions ont été refusées ou annulées pour non-conformité, dont un refus au titre de l'article 2 et six au titre de l'article 3.

Différence entre Notice Jaune et diffusion

La Notice Jaune est le mécanisme formel. Une fois publiée, elle est automatiquement diffusée aux 196 pays membres et devient interrogeable dans les bases d'INTERPOL. Une Notice Jaune pour personne disparue peut également être publiée sur le site public d'INTERPOL, ce qui ajoute une dimension réputationnelle que les clients cherchant à supprimer la notice doivent fréquemment traiter.

La diffusion est un instrument distinct. Au visa de l'article 99(3) du RTD, un BCN doit recourir à une diffusion plutôt qu'à une notice lorsqu'il entend limiter la circulation à des pays membres choisis, restreindre l'accès aux données, ou lorsque la demande ne remplit pas les conditions de publication d'une notice. Les diffusions jaunes répondent aux mêmes exigences juridiques que les Notices Jaunes au titre du RTD, y compris la conformité aux articles 2 et 3 du Statut.

Du point de vue de la personne qui conteste les données, la distinction perd beaucoup de son importance. Notices Jaunes et diffusions jaunes se contestent par la même voie devant la CCF, et les moyens juridiques applicables sont en substance identiques. La CCF traite également les recours contre d'autres types de notices, notamment les Notices Rouges (personnes recherchées), les Notices Bleues (demandes d'informations) et les Notices Vertes (avertissements de renseignement criminel).

Signalements aux frontières

Les autorités d'immigration interrogent les bases d'INTERPOL à chaque arrivée. Une Notice Jaune peut déclencher des contrôles secondaires, des interrogatoires prolongés et des renvois aux services de protection de l'enfance ou d'aide sociale à la frontière. L'entrée peut être refusée, les titres de séjour placés sous examen, en particulier lorsque la personne voyage avec un enfant mineur.

Procédures relatives à la garde des enfants et aux affaires familiales

Les Notices Jaunes sont fréquemment utilisées comme levier dans les contentieux internationaux de garde. L'existence de la notice est invoquée par le parent requérant devant les juridictions familiales nationales pour présenter l'autre parent comme ravisseur. Cela peut peser sur les mesures provisoires, les modalités de contact et l'issue des procédures de retour fondées sur la Convention de La Haye.

Exposition publique

Les Notices Jaunes pour personnes disparues sont souvent publiées sur le site public d'INTERPOL, avec photographie et éléments d'identification. Cette exposition peut suivre la personne longtemps après la résolution du litige d'origine. Elle remonte également via les moteurs de recherche, la couverture médiatique et les criblages effectués par employeurs, banques et contreparties.

Banques et vérifications d'antécédents

Les établissements financiers et les prestataires de screening professionnel interrogent les bases d'INTERPOL lors de l'entrée en relation et en continu. Une Notice Jaune peut déclencher une vigilance renforcée, des restrictions de compte et des refus de nouvelles relations bancaires ou professionnelles, même lorsque la notice concerne une affaire purement non pénale.

Fondements juridiques

Motifs pour contester une Notice Jaune

Toutes les Notices Jaunes ne sont pas légitimes, et la suppression repose sur les règles propres d'INTERPOL. Ces règles offrent plusieurs fondements, procéduraux comme substantiels, pour contester et faire supprimer une notice. Ce ne sont pas des arguments théoriques. La CCF ordonne régulièrement l'effacement sur ces motifs, comme en témoignent ses décisions publiées.

Article 90 : finalité épuisée

Une Notice Jaune ne se justifie qu'aussi longtemps que la finalité de l'article 90 perdure. La Commission fixe un seuil élevé : il ne suffit pas d'établir que le pays de résidence est connu. Le requérant doit démontrer que la localisation exacte de la personne est confirmée aux autorités et qu'aucun risque résiduel de déplacement transfrontalier ne subsiste. Lorsque la personne a atteint la majorité ou que le contact et la localisation sont pleinement établis, le fondement du traitement continu tombe.

Article 90 : pas de personne disparue

La Commission examine si la personne est réellement disparue au sens de l'article 90. Le test comporte deux volets. D'abord le factuel : la seule connaissance du pays où se trouve l'enfant n'est pas décisive, et la Notice Jaune conserve sa finalité lorsque la localisation précise n'est pas confirmée et qu'un risque de déplacement transfrontalier persiste. Ensuite le juridique : la Commission examine désormais aussi le statut de garde. Lorsque l'enfant réside chez un parent qui détient légalement la garde dans le pays de résidence, et que les autorités ont connaissance de ce statut, aucun élément factuel ne permet de traiter l'enfant comme disparu.

Abus dans les litiges relatifs à la garde des enfants

Les Notices Jaunes sont fréquemment utilisées pour renforcer la position d'un parent dans un contentieux international de garde. Lorsqu'il existe des décisions de garde concurrentes, qu'une procédure fondée sur la Convention de La Haye s'est conclue, ou qu'une juridiction nationale a reconnu la licéité du déplacement de la personne visée, le maintien de la notice est incompatible avec la finalité que l'article 90 est censé servir.

Article 3 : caractère politique ou abusif

L'article 3 du Statut d'INTERPOL interdit toute intervention à caractère politique, militaire, religieux ou racial. Une Notice Jaune conçue pour faire pression sur un opposant politique, suivre un réfugié ou soutenir une persécution à caractère religieux ou ethnique sort du mandat d'INTERPOL et doit être effacée.

Jurisprudence

Décisions de la CCF sur les Notices Jaunes

Les décisions publiées suivantes illustrent la manière dont la CCF applique son cadre juridique à la suppression des Notices Jaunes. Trois ont abouti à l'effacement des données jaunes des fichiers d'INTERPOL ; la quatrième, CCF-2024-01, est incluse parce qu'elle montre le seuil élevé retenu par la Commission pour considérer la finalité de l'article 90 comme épuisée. Connaître le pays où se trouve l'enfant ne suffit pas ; la Commission exige la localisation exacte et l'absence de risque de déplacement transfrontalier. La décision CCF-2025-01 a ensuite ajouté un second volet à l'analyse, reliant le test de l'article 90 au statut juridique de garde de l'enfant. Pour une analyse détaillée des deux décisions et des restrictions posées en 2022 par INTERPOL sur les Notices Rouges en matière d'enlèvement parental, voir notre article sur la contestation des Notices Rouges et Jaunes dans les enlèvements parentaux internationaux. Les dossiers visant à supprimer une Notice Jaune dans ce contexte figurent parmi les plus exigeants que tranche la CCF en matière de preuve. D'autres décisions sont consultables dans le CCF Decision Navigator.

CCF-2017-16

Notices Jaunes publiées dans le cadre d'un contentieux familial. La Commission a constaté que les notices avaient rempli leur finalité de localisation au titre de l'article 90 et que le traitement continu ne se justifiait plus. Le fondement de localisation de l'article 90 était tombé dès lors que les personnes avaient été retrouvées. Issue : effacement.

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CCF-2018-09

Notice Jaune concernant un enfant disparu dans un contexte international de garde. La Commission a examiné les décisions de garde contradictoires rendues dans deux juridictions et a retenu que le bien-être de l'enfant était établi par plusieurs rapports documentés. Le traitement continu au titre de l'article 90 était incompatible avec les principes de l'article 2 relatifs à l'intérêt supérieur de l'enfant. Issue : effacement.

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CCF-2024-01

Notice Jaune contestée dans le cadre d'un contentieux familial international, avec une Notice Bleue parallèle visant le parent. La Commission a admis que le pays où se trouvait l'enfant était connu mais a retenu que la localisation exacte dans ce pays n'était pas confirmée et qu'un risque résiduel de déplacement transfrontalier persistait. Sur ce fondement, la Notice Jaune continuait de servir sa finalité au titre de l'article 90. Le contact avec les autorités et la connaissance générale de la juridiction ne suffisaient pas. Issue : maintenue.

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CCF-2025-01

Notices Rouges et Jaunes combinées dans un dossier international d'enlèvement parental avec des décisions de garde contradictoires rendues dans deux juridictions. Sur la Notice Rouge, la Commission a appliqué la politique d'INTERPOL de 2022 restreignant les Notices Rouges lorsque les deux parents ont pris part à la procédure et que des décisions de garde contradictoires existent. Sur la Notice Jaune, la Commission a introduit un second volet à l'analyse de l'article 90 : le père détenait la garde exclusive légale dans le pays de résidence, la localisation et le statut juridique de l'enfant étaient confirmés aux autorités, et, sur ce fondement, l'enfant ne pouvait être traité comme disparu. Issue : effacement des deux notices.

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Étape 1

Demander l'accès à votre dossier

Avant de contester une Notice Jaune, il faut savoir précisément ce qu'INTERPOL détient sur vous ou sur votre enfant. La première étape est le dépôt d'une demande d'accès auprès de la CCF, priant INTERPOL de confirmer l'existence de données et d'en fournir le détail. Au titre des consignes du portail de la CCF, lorsque la personne visée est un mineur de moins de 18 ans, un parent peut déposer la demande d'accès directement, accompagné d'un justificatif d'autorité parentale. Pour une personne majeure, la demande doit être introduite en son nom propre ou par un représentant légal désigné par procuration. Un tuteur légalement désigné peut déposer pour le compte d'un mineur ou d'un majeur sous tutelle.

Depuis mars 2026, toutes les demandes doivent être déposées via le portail en ligne dédié de la CCF. Les soumissions par courrier électronique ou postal ne sont plus acceptées. Les demandes d'accès sont désormais soumises via les champs structurés du portail. Aucune lettre d'accompagnement ni résumé des arguments n'est requis à ce stade.

La demande doit contenir des informations d'identification suffisantes (nom complet, date de naissance, nationalité, numéros de passeport ou de pièce d'identité) et être rédigée dans l'une des langues de travail d'INTERPOL (arabe, anglais, français ou espagnol). En cas de représentation par un avocat, une procuration signée doit être jointe. Si aucune date d'expiration n'est indiquée, la CCF considère la procuration comme valable deux ans à compter de sa signature.

Le délai statutaire est de quatre mois à compter de la recevabilité. En pratique, le Rapport annuel d'activité 2024 de la CCF a confirmé que 70 pour cent des demandes d'accès ont dépassé ce délai.

Otherside dépose des demandes d'accès dans le monde entier.Demandes d'accès aux données
Étape 2

Préparer et déposer la demande de suppression

Une fois la réponse à la demande d'accès obtenue, l'étape suivante consiste à déposer une demande formelle de rectification/suppression via le portail de la CCF. Cette demande doit faire l'objet d'un dépôt distinct de la demande d'accès. Le portail n'accepte qu'un seul type de demande par soumission. C'est le coeur du processus, et la qualité de cette soumission détermine en grande partie l'issue de la procédure.

Conformément aux Règles de fonctionnement modifiées (mars 2026), le portail accepte un maximum de 20 annexes. Chacune doit être clairement identifiée et mentionnée dans le mémoire. Pour les documents publiés sur des sites librement accessibles, il convient de citer l'URL dans le mémoire plutôt que de joindre le PDF, de manière à réserver les emplacements d'annexe aux pièces qui n'existent que dans le dossier.

Fondement juridique de l'effacement : moyens tirés des règles d'INTERPOL exposant précisément en quoi les données ne sont pas conformes : finalité de l'article 90 épuisée, absence de caractère de personne disparue, détournement dans un contentieux de garde, ou article 3 (caractère politique ou abusif).

Pièces à l'appui : décisions de garde, décisions au titre de la Convention de La Haye, décisions judiciaires reconnaissant la licéité du déplacement, preuves d'un contact établi avec la personne « disparue », ordonnances de protection ou décisions en matière de violences familiales, décisions d'asile ou de reconnaissance du statut de réfugié, et consultations d'experts sur le droit de la famille national. Toutes les pièces doivent être en arabe, anglais, français ou espagnol. Les documents dans d'autres langues doivent être traduits.

Le délai statutaire est de neuf mois. En 2024, 70 pour cent des dossiers ont été traités dans ce délai, mais 30 pour cent ne l'ont pas été. Le BCN requérant a la possibilité de répondre avant que la CCF ne rende sa décision. Toute communication postérieure au dépôt doit passer par la messagerie du portail. Les courriels de la CCF sont envoyés depuis une adresse no-reply non surveillée et les réponses ne seront pas reçues.

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Étape 3

La décision de la CCF

La CCF examine la requête, la réponse du BCN et l'ensemble des pièces. Elle apprécie la conformité des données aux règles d'INTERPOL : articles 2 et 3 du Statut, exigences de qualité des données au titre du RTD, et conditions de finalité de l'article 90. Sur cette base, elle peut ordonner l'effacement, le maintien ou la modification des données.

Les décisions de la CCF s'imposent à INTERPOL. Si la suppression est ordonnée, le Secrétariat général doit retirer la notice et l'ensemble des données associées.

Les décisions de rejet ne sont pas susceptibles d'appel formel. L'article 42 du Statut de la CCF ouvre toutefois une demande de révision en cas de faits nouveaux qui n'avaient pu être communiqués plus tôt et qui auraient pu conduire à une issue différente. Depuis le portail entré en vigueur en mars 2026, la demande de révision suppose une note de deux pages exposant les faits nouveaux. La CCF n'autorise un examen complet que si elle l'estime justifié. La demande doit être déposée dans les six mois de la découverte des faits nouveaux.

Otherside accompagne les demandes de révision lorsque des faits nouveaux apparaissent.Demandes de révision
Les Notices Jaunes en chiffres

Notices Jaunes en chiffres

Données de 2025

L'ampleur du système des Notices Jaunes, et les données sur les issues des suppressions, figurent dans les chiffres publiés par INTERPOL et dans les rapports publiés de la CCF.

3,474
Notices Jaunes
publiées
1,369
Diffusions
jaunes
65
Refusé ou annulation d'
7
Refus
articles 2 et 3

En 2025, INTERPOL a publié 3 474 Notices Jaunes et diffusé 1 369 diffusions jaunes. 65 demandes jaunes ont été refusées ou annulées pour non-conformité aux règles d'INTERPOL, dont une au titre de l'article 2 et six au titre de l'article 3. Les chiffres absolus sont inférieurs à ceux des Notices Rouges, mais le niveau de contrôle de conformité appliqué aux Notices Jaunes est équivalent.

Au niveau de la CCF, les dernières données publiées (2024) font apparaître que 60 pour cent des demandes d'effacement jugées au fond, toutes catégories de notices confondues, ont abouti à un constat de non-conformité. Les issues des suppressions de Notices Jaunes ne se lisent pas à partir de ce seul chiffre global. La Commission applique un test étroit pour considérer la finalité de l'article 90 comme épuisée, en particulier dans les enlèvements parentaux : la connaissance du pays de résidence ne suffit pas, et la localisation exacte doit être confirmée aux autorités sans risque résiduel de déplacement transfrontalier. L'effacement est plus aisément ordonné lorsque la notice a été détournée dans un contentieux de garde, lorsque la personne visée a atteint la majorité, ou lorsque des préoccupations au titre de l'article 2 sur l'intérêt supérieur de l'enfant sont clairement établies.

FAQ

Foire aux questions

Combien de temps faut-il pour supprimer une Notice Jaune INTERPOL ?

La procédure complète de suppression d'une Notice Jaune, de la demande d'accès initiale à la décision de la CCF sur l'effacement, prend généralement entre 12 et 18 mois. Le délai réglementaire de la phase de demande d'accès est de quatre mois ; celui de la phase d'effacement, de neuf mois. En pratique, ces délais ne sont pas toujours tenus. Le rapport d'activité 2024 de la CCF indique que 70 pour cent des demandes d'accès ont dépassé le délai de quatre mois, et 30 pour cent des demandes d'effacement ont dépassé celui de neuf mois. Les dossiers urgents, en particulier lorsqu'une procédure familiale est en cours, peuvent être accélérés par des mesures provisoires.

Une Notice Jaune peut-elle m'empêcher de voyager avec mon enfant ?

Une Notice Jaune n'est pas une interdiction de voyager et ne prive pas un parent de sa garde légale ni de son droit de résidence. En pratique, toutefois, les services frontaliers procèdent fréquemment à des contrôles secondaires lorsqu'une Notice Jaune ressort d'une vérification dans la base INTERPOL, et l'entrée peut être refusée le temps de l'évaluation. Lorsque la situation familiale est litigieuse, voyager sans conseil juridique est à haut risque.

Une Notice Jaune est-elle équivalente à un signalement national de personne disparue ?

Non. Un signalement national de personne disparue relève des services de police du pays concerné. Une Notice Jaune est un instrument INTERPOL au titre de l'article 90 du RTD, diffusé à l'international et interrogeable dans 196 pays membres. Elle ne doit être utilisée qu'en cas de nécessité réelle de localiser une personne disparue au-delà des frontières, ou d'identifier une personne incapable de décliner son identité.

Comment savoir si je fais l'objet d'une Notice Jaune, moi ou mon enfant ?

INTERPOL publie certaines Notices Jaunes sur son site public, mais pas toutes. Beaucoup de notices ne sont pas publiquement listées. La seule façon d'obtenir une confirmation certaine est de déposer une demande d'accès auprès de la CCF. Si vous avez des raisons de penser qu'une notice peut exister, par exemple parce que vous avez rencontré des difficultés aux frontières, des problèmes inexpliqués de visa ou de séjour, ou que la notice a été évoquée lors d'une procédure familiale, la demande d'accès est la première étape appropriée.

Quel est le taux de réussite des demandes de suppression d'une Notice Jaune ?

La CCF publie des statistiques de conformité dans son rapport d'activité. En 2024, la Commission a constaté la non-conformité des données dans 60 pour cent des demandes d'effacement jugées au fond, toutes catégories de notices confondues, mais les dossiers de Notices Jaunes sont souvent parmi les plus difficiles. Dans les contextes d'enlèvement parental, la Commission fixe un seuil étroit pour considérer la finalité de l'article 90 comme épuisée : la connaissance du pays de résidence ne suffit pas, et le requérant doit démontrer que la localisation exacte est établie et qu'aucun risque de déplacement transfrontalier ne subsiste. L'effacement est plus probable lorsque la notice a manifestement été détournée dans un contentieux de garde ou familial, lorsque la personne visée a atteint la majorité, ou lorsque des préoccupations au titre de l'article 2 sur l'intérêt supérieur de l'enfant sont clairement établies.

Faut-il un avocat pour contester une Notice Jaune ?

Aucune obligation formelle de représentation par avocat ne s'applique devant la CCF. Vous pouvez déposer une requête vous-même. Cela dit, la CCF applique un cadre juridique détaillé et technique, et les dossiers de Notices Jaunes reposent souvent sur un contexte sensible de droit de la famille qui doit être présenté avec soin. La qualité de la requête, l'articulation des moyens au titre de l'article 90 et du Statut, et la présentation des pièces à l'appui influent directement sur l'issue. Otherside propose également un appui spécialisé aux cabinets d'avocat qui gèrent des dossiers INTERPOL pour leurs propres clients.

Besoin d'aide pour supprimer une Notice Jaune ?

Notre pratique se concentre sur le droit d'INTERPOL, les procédures devant la CCF et la protection des individus et des familles contre les abus des systèmes d'INTERPOL, y compris la suppression de Notices Jaunes dans les enlèvements parentaux contestés et les dossiers de personnes disparues. Voir nos résultats de dossiers.

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