Comment supprimer une Notice Jaune INTERPOL.

Dernière mise à jour : octobre 2026 17 min de lecture Guides pratiques

Comment obtenir la suppression d’une Notice Jaune devant la Commission de Contrôle des Fichiers d’INTERPOL (CCF) : l’expérience d’un cabinet qui traite des dossiers de personnes disparues et d’enlèvement parental relevant de l’article 90 du RTD. Vous faites l’objet d’une notice jaune ou d’une diffusion ? Otherside a été fondé par un ancien juriste de la CCF qui a passé six ans au sein de la Commission.

Demander un examen confidentiel
Notice Jaune
Comprendre les Notices Jaunes

Qu'est-ce qu'une Notice Jaune INTERPOL ?

Une notice jaune est une demande adressée par un pays membre d'INTERPOL à tous les autres pour qu'ils aident à retrouver une personne disparue, souvent un mineur, ou à identifier une personne incapable de décliner son identité. Elle circule sur le réseau mondial de communication d'INTERPOL et est accessible aux services de police de chaque pays membre. Il est possible d'obtenir la suppression d'une Notice Jaune en saisissant l'organe de contrôle indépendant d'INTERPOL, la Commission de Contrôle des Fichiers d'INTERPOL (CCF), mais la procédure exige une maîtrise précise de l'article 90 du RTD et des questions de droit de la famille qu'elles soulèvent fréquemment.

Les notices jaunes ne permettent pas d'arrêter qui que ce soit. Elles n'autorisent aucune détention et n'imposent aucune mesure de contrainte. La distinction compte en théorie. En pratique, les effets pour la personne visée sont souvent sérieux : elle fait régulièrement l'objet de contrôles approfondis aux frontières, les autorités d'immigration peuvent lui refuser un visa, et le fait de figurer dans une base d'INTERPOL peut nuire à sa réputation longtemps après que la notice a rempli son but.

À la différence des Notices Rouges, qui visent l'arrestation provisoire en vue d'une extradition, les notices jaunes ne peuvent être publiées, selon l'article 90 du Règlement sur le Traitement des Données (RTD), qu'à trois fins précises : retrouver une personne disparue, identifier une personne incapable de décliner son identité, ou identifier une personne décédée. En pratique, la plupart concernent des enlèvements parentaux internationaux, lorsqu'un parent a emmené un enfant à l'étranger. Depuis 2022, une politique interne d'INTERPOL encadre les notices rouges dans ce contexte : l'Organisation n'en publie pas lorsque des décisions de garde contradictoires existent et que les deux parents ont participé à la procédure, ou lorsqu'une procédure fondée sur la Convention de La Haye s'est conclue en faveur du parent visé par la notice. Rien de tel n'existe pour les notices jaunes, si bien que le contrôle de la CCF au regard de l'article 90 reste la principale protection. Les demandes de suppression sont souvent déposées lorsque l'enfant a été retrouvé et que la garde est réglée, ou lorsque la notice a été instrumentalisée dans un conflit de garde plutôt qu'à la localisation ou à l'identification prévues par l'article 90.

Comment une Notice Jaune est publiée

La procédure commence lorsqu'un Bureau Central National (BCN), le service de liaison dont dispose chaque pays membre d'INTERPOL, adresse une demande au Secrétariat général d'INTERPOL à Lyon. Pour une notice jaune, la demande doit établir que la personne est réellement disparue ou impossible à identifier, comporter des éléments d'identification suffisants, exposer les circonstances de la disparition ou de la découverte de la personne, et confirmer que l'aide des services de police est nécessaire pour l'un des buts prévus par l'article 90.

Avant de transmettre la demande, le BCN doit vérifier, en vertu de l'article 76 du RTD, que les données sont licites, que les conditions de publication sont remplies, que la demande présente un intérêt pour la coopération policière internationale et qu'elle est conforme aux articles 2 et 3 du Statut d'INTERPOL.

Le Groupe de travail sur les notices et les diffusions (NDTF) du Secrétariat général procède ensuite à un examen juridique obligatoire en vertu de l'article 86 du RTD. L'examen porte sur la conformité au Statut et aux règles d'INTERPOL, en particulier aux articles 2 et 3. L'article 2 impose que les activités d'INTERPOL respectent la Déclaration universelle des droits de l'Homme. L'article 3 interdit à INTERPOL toute activité de caractère politique, militaire, religieux ou racial.

Si la notice passe ce contrôle, elle est publiée et transmise à tous les pays membres. Sinon, INTERPOL peut en refuser la publication ou demander un complément d'information au BCN. En 2025, INTERPOL a publié 3 474 notices jaunes et 1 369 diffusions jaunes ont circulé. Les volumes sont plus faibles que pour les notices rouges, ce qui n'a pas empêché le refus ou l'annulation de 65 demandes de notice ou de diffusion jaune pour non-conformité, dont une au titre de l'article 2 et six au titre de l'article 3.

Notices Jaunes et diffusions : la différence

La notice jaune est l'instrument de référence. Une fois publiée, elle est automatiquement transmise aux 196 pays membres et devient consultable dans les bases d'INTERPOL. Une notice jaune concernant une personne disparue peut aussi être publiée sur le site public d'INTERPOL, ce qui porte aussi atteinte à la réputation de la personne, un problème qu'il faut souvent régler en parallèle de la demande de suppression.

La diffusion est un instrument distinct. Selon l'article 99(3) du RTD, un BCN doit recourir à une diffusion plutôt qu'à une notice lorsqu'il souhaite limiter la circulation de la demande à certains pays membres ou restreindre l'accès aux données, ou encore lorsque la demande ne remplit pas les conditions de publication d'une notice. Les diffusions jaunes obéissent aux mêmes règles que les notices jaunes, à commencer par le respect des articles 2 et 3 du Statut.

Pour une personne qui conteste des données inscrites dans les fichiers d'INTERPOL, la différence est moins importante qu'il n'y paraît. Notices jaunes et diffusions jaunes se contestent par la même voie devant la CCF, et les arguments juridiques comme les règles applicables sont pour l'essentiel les mêmes. La CCF traite aussi les contestations visant d'autres types de notices, notamment les Notices Rouges (personnes recherchées), les Notices Bleues (demandes d'informations) et les Notices Vertes (alertes sur des activités criminelles).

Conséquences

L'impact concret d'une Notice Jaune

Les conséquences d'une notice jaune vont bien au-delà de la localisation ou de l'identification qu'elle est censée permettre, et c'est pourquoi sa suppression devient souvent urgente une fois ce but atteint. Pour les personnes visées, surtout dans les conflits familiaux, les effets sont immédiats et se font sentir dans tous les domaines de leur vie.

Signalements aux frontières

À l'arrivée, les services d'immigration interrogent les bases d'INTERPOL. Une notice jaune entraîne souvent un contrôle approfondi, un entretien prolongé, voire un signalement aux services de protection de l'enfance ou aux services sociaux présents à la frontière. L'entrée peut être refusée et les titres de séjour réexaminés, surtout lorsque la personne voyage avec un enfant mineur.

Garde et procédures familiales

Les notices jaunes sont souvent instrumentalisées dans les conflits internationaux de garde. Le parent à l'origine de la demande invoque la notice devant le juge de la famille pour présenter l'autre parent comme un ravisseur. Cela peut peser sur les mesures provisoires, le droit de visite et l'issue des demandes de retour fondées sur la Convention de La Haye.

Exposition publique

Les notices jaunes concernant des personnes disparues sont souvent publiées sur le site public d'INTERPOL, avec une photo et des éléments d'identification. Cette exposition peut poursuivre la personne longtemps après la fin du conflit. Elle remonte aussi dans les résultats des moteurs de recherche, dans la presse et lors des vérifications menées par les employeurs, les banques et les partenaires commerciaux.

Banques et vérifications d'antécédents

Les établissements financiers et les sociétés de filtrage et de conformité consultent, à l'ouverture de la relation puis tout au long de celle-ci, des bases qui reprennent les données d'INTERPOL. Une notice jaune peut entraîner une vigilance renforcée, la restriction ou le blocage de comptes et le refus de nouvelles relations bancaires ou professionnelles, alors même qu'elle ne concerne aucune affaire pénale.

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Fondements juridiques

Les principaux motifs de contestation d'une Notice Jaune

Toutes les notices jaunes ne sont pas légitimes, et ce sont les règles d'INTERPOL elles-mêmes qui permettent d'en obtenir la suppression. Elles prévoient plusieurs motifs de contestation, de procédure comme de fond. Ce ne sont pas des arguments théoriques : la CCF ordonne régulièrement la suppression de notices jaunes sur ces fondements, comme le montrent ses décisions publiées.

Article 90 : but atteint

Une notice jaune ne se justifie que tant que le but prévu par l'article 90 n'est pas atteint. La Commission place la barre haut : il ne suffit pas de montrer que le pays de résidence est connu. Le requérant doit établir que les autorités ont confirmation de la localisation exacte de la personne et qu'il ne subsiste aucun risque de départ vers un autre pays. Lorsque la personne est devenue majeure, ou que le contact avec elle est rétabli et sa localisation connue avec certitude, le maintien des données n'a plus de fondement.

Article 90 : personne non disparue

La Commission vérifie si la personne est réellement disparue au sens de l'article 90. L'examen porte sur deux points. D'abord les faits : savoir dans quel pays se trouve l'enfant ne suffit pas, et la notice jaune garde sa raison d'être tant que la localisation précise n'est pas confirmée et qu'un risque de départ vers un autre pays subsiste. Ensuite le droit : la Commission examine désormais aussi la situation au regard de la garde. Lorsque l'enfant vit chez un parent qui en a légalement la garde dans le pays de résidence, et que les autorités le savent, rien ne permet de le considérer comme disparu.

Détournement dans les conflits de garde

Les notices jaunes servent souvent à renforcer la position d'un parent dans un conflit international de garde. Lorsque des décisions de garde contradictoires existent, lorsqu'une procédure fondée sur la Convention de La Haye est terminée, ou lorsqu'un juge national a reconnu la licéité du changement de résidence de la personne, le maintien de la notice est incompatible avec le but de l'article 90.

Article 3 : caractère politique ou abusif

L'article 3 du Statut d'INTERPOL interdit toute intervention ou activité de caractère politique, militaire, religieux ou racial. Une notice jaune destinée à faire pression sur un opposant politique, à localiser un réfugié ou à faciliter une persécution pour des motifs religieux ou ethniques sort du champ d'action d'INTERPOL et doit être supprimée.

Jurisprudence

Décisions de la CCF sur les Notices Jaunes

Les décisions publiées ci-dessous montrent comment la CCF applique son cadre juridique dans les dossiers de suppression de Notice Jaune. Trois ont abouti à la suppression des données. La quatrième, CCF-2024-01, figure ici parce qu'elle montre à quel point la Commission admet difficilement que le but de l'article 90 soit atteint. Pour une analyse détaillée, lisez notre article sur la contestation des notices rouges et jaunes en cas d'enlèvement parental. D'autres décisions sont consultables dans la base de données des décisions de la CCF.

CCF-2017-16 : suppression

Notices jaunes publiées dans le cadre d'un conflit familial. La Commission a constaté que les personnes avaient été retrouvées, que les notices avaient donc atteint le but prévu par l'article 90 et que leur maintien ne se justifiait plus. Résultat : suppression.

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CCF-2018-09 : suppression

Notice jaune concernant un enfant disparu, dans un conflit de garde international. La Commission a examiné des décisions de garde contradictoires rendues dans deux pays et admis que plusieurs rapports établissaient que l'enfant allait bien. Le maintien des données au titre de l'article 90 méconnaissait l'intérêt supérieur de l'enfant, que la Commission rattache à l'article 2. Résultat : suppression.

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CCF-2024-01 : maintien

Notice jaune contestée dans le cadre d'un conflit familial international, avec une notice bleue visant en parallèle le parent. La Commission a admis que le pays où se trouvait l'enfant était connu, mais a jugé que sa localisation exacte dans ce pays n'était pas confirmée et qu'un risque de départ vers un autre pays subsistait. La notice jaune répondait donc toujours au but prévu par l'article 90. Ni les contacts noués avec les autorités ni la connaissance du pays de résidence ne suffisaient. Résultat : maintien.

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CCF-2025-01 : suppression

Notices rouge et jaune dans une affaire d'enlèvement parental international, avec des décisions de garde contradictoires rendues dans deux pays. Pour la notice rouge, la Commission a appliqué la politique adoptée par INTERPOL en 2022, qui encadre les notices rouges lorsque les deux parents ont participé à la procédure et que des décisions contradictoires coexistent. Pour la notice jaune, la Commission a ajouté un second volet à l'analyse de l'article 90 : le père avait la garde exclusive de l'enfant dans le pays de résidence, la localisation et la situation juridique de l'enfant étaient connues des autorités, et l'enfant ne pouvait donc pas être considéré comme disparu. Résultat : suppression des deux notices.

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La procédure

Comment se déroule la suppression d'une Notice Jaune

La Commission de Contrôle des Fichiers d'INTERPOL est l'organe indépendant qui examine les demandes de suppression de Notice Jaune et vérifie que les données traitées par INTERPOL sont conformes aux règles de l'Organisation. Ce n'est pas un juge aux affaires familiales. Elle ne statue pas sur la garde. Elle s'assure que les conditions de l'article 90 sont toujours remplies et que le maintien des données est compatible avec le Statut, le RTD et les exigences de qualité des données.

Étape 1

Demander l'accès à votre dossier

Avant de pouvoir contester une notice jaune, il faut savoir précisément ce qu'INTERPOL détient sur vous ou sur votre enfant. La première démarche consiste à déposer une demande d'accès auprès de la CCF, afin que la CCF confirme l'existence éventuelle de données et en communique le détail. Selon les règles du portail de la CCF, lorsque la personne concernée a moins de 18 ans, un parent peut déposer lui-même la demande d'accès, avec un justificatif de l'autorité parentale. Lorsque la personne est majeure, elle peut déposer la demande elle-même ou la confier à un représentant muni d'un pouvoir. Un tuteur légal peut agir pour un mineur ou pour un majeur sous tutelle.

Depuis mars 2026, toutes les demandes doivent être déposées via le portail en ligne de la CCF. Les envois par e-mail et par courrier ne sont plus acceptés. Les demandes d'accès se font désormais en remplissant des champs dans le portail. Aucune lettre d'accompagnement ni résumé des arguments n'est exigé à ce stade.

La demande doit comporter des éléments d'identification suffisants (nom complet, date de naissance, nationalité, numéros de passeport ou de pièce d'identité) et être rédigée dans l'une des langues de travail d'INTERPOL (anglais, arabe, espagnol ou français). Joignez un pouvoir signé si vous êtes représenté par un avocat. À défaut de date d'expiration, la CCF considère le pouvoir valable deux ans à compter de sa signature.

Le délai statutaire est de quatre mois à compter de la recevabilité. En pratique, le Rapport d'activité 2024 de la CCF montre que 70 % des demandes d'accès ont dépassé ce délai.

Otherside dépose des demandes d'accès dans le monde entier. Demandes d’accès aux données →
Étape 2

Préparer et déposer la demande de suppression

Une fois la réponse à la demande d'accès obtenue, l'étape suivante consiste à déposer une demande formelle de rectification ou de suppression via le portail de la CCF. Cette demande doit faire l'objet d'un dépôt distinct de la demande d'accès : le portail n'accepte qu'un seul type de demande par dépôt. C'est le cœur de la procédure, et la qualité de cette requête détermine en grande partie son issue.

Selon les Règles de Fonctionnement modifiées (mars 2026), le portail accepte au maximum 20 annexes. Chacune doit être clairement identifiée et citée dans l'argumentation. Pour les documents publiés sur des sites librement accessibles, mieux vaut citer l'URL que joindre le PDF, afin de réserver les annexes aux pièces qui n'existent que dans le dossier.

Fondement juridique de la suppression : les arguments tirés des règles d'INTERPOL qui montrent précisément en quoi les données ne sont pas conformes, qu'il s'agisse de la réalisation du but prévu par l'article 90, de l'absence de disparition, du détournement de la notice dans un conflit de garde ou de l'article 3 (caractère politique ou abusif).

Pièces justificatives : jugements de garde, décisions rendues au titre de la Convention de La Haye, décisions reconnaissant la légalité d'un déménagement, preuves de contacts réguliers avec la personne « disparue », ordonnances de protection pour violences conjugales, décisions accordant l'asile ou le statut de réfugié, et avis d'experts sur le droit de la famille du pays concerné. Les pièces sont produites en anglais, arabe, espagnol ou français. À défaut, elles sont accompagnées d'une traduction.

Le délai statutaire est de neuf mois. En 2024, 70 % des demandes ont été traitées dans ce délai, et 30 % ne l'ont pas été. Le BCN requérant peut présenter ses observations avant que la CCF ne statue.

À ce stade, une représentation spécialisée fait toute la différence. Contacter Otherside →
Étape 3

La décision de la CCF

La CCF examine la requête, la réponse du BCN et l'ensemble des pièces. Elle vérifie la conformité des données aux règles d'INTERPOL : articles 2 et 3 du Statut, exigences de qualité des données prévues par le RTD et conditions de l'article 90. Au terme de cet examen, elle peut décider la suppression, le maintien ou la modification des données.

Les décisions de la CCF s'imposent à INTERPOL. Si la suppression est ordonnée, le Secrétariat général doit effacer la notice et l'ensemble des données associées.

Si la CCF refuse la suppression, aucun appel n'est possible. L'article 42 du Statut de la CCF permet toutefois une révision lorsqu'apparaissent des faits nouveaux qui n'auraient pas pu être communiqués plus tôt et qui auraient pu conduire à une décision différente. Avec le portail mis en place en mars 2026, la demande de révision commence par un résumé de deux pages présentant les faits nouveaux. Elle doit être déposée dans les six mois suivant leur découverte.

Otherside accompagne les demandes de révision lorsque des faits nouveaux apparaissent. Demandes de révision →
Les Notices Jaunes en chiffres

Notices Jaunes en chiffres

Données 2025

Les statistiques d'INTERPOL et les rapports annuels de la CCF donnent la mesure du recours aux notices jaunes et des résultats obtenus en matière de suppression.

3,474
Notices Jaunes
publiées
1,369
Diffusions
jaunes
65
Refusées ou
annulées
7
Refus au titre
des art. 2 et 3

En 2025, INTERPOL a publié 3 474 notices jaunes et 1 369 diffusions jaunes ont circulé. Au total, 65 demandes de notice ou de diffusion jaune ont été refusées ou annulées pour non-conformité aux règles d'INTERPOL, dont une au titre de l'article 2 et six au titre de l'article 3. Les volumes sont plus faibles que pour les notices rouges, mais le contrôle de conformité est pour l'essentiel le même.

S'agissant de la CCF, les dernières données publiées (2024) montrent que 60 % des demandes de suppression tranchées au fond, toutes catégories de notices confondues, ont abouti à un constat de non-conformité. Ce chiffre global ne dit pas grand-chose des notices jaunes. La Commission admet difficilement que le but de l'article 90 soit atteint, surtout en cas d'enlèvement parental : connaître le pays de résidence ne suffit pas, il faut que les autorités aient confirmation de la localisation exacte et qu'il ne reste aucun risque de départ vers un autre pays. La suppression est obtenue plus facilement lorsque la notice a été détournée dans un conflit de garde, lorsque la personne est devenue majeure, ou lorsque l'intérêt supérieur de l'enfant, que la Commission rattache à l'article 2, est clairement en jeu.

FAQ

Foire aux questions

Combien de temps faut-il pour supprimer une Notice Jaune INTERPOL ?

La procédure complète de suppression d'une Notice Jaune, de la première demande d'accès à la décision de la CCF sur la suppression, dure en général 12 à 18 mois. Le délai statutaire est de quatre mois pour la phase d'accès et de neuf mois pour la phase de suppression. En pratique, ces délais ne sont pas toujours respectés. Selon le Rapport d'activité 2024 de la CCF, 70 % des demandes d'accès ont dépassé le délai de quatre mois, et 30 % des demandes de suppression celui de neuf mois. En cas d'urgence, notamment lorsqu'une procédure familiale est en cours, des mesures provisoires peuvent être demandées.

Une Notice Jaune peut-elle m'empêcher de voyager avec mon enfant ?

Une notice jaune n'est pas une interdiction de voyager et ne prive pas un parent de sa garde ni du droit de résider dans le pays où il vit. En pratique, les gardes-frontières procèdent souvent à un contrôle approfondi lorsqu'une notice jaune apparaît lors de la consultation des bases d'INTERPOL, et l'entrée peut être suspendue le temps des vérifications. Lorsque la situation familiale est conflictuelle, voyager sans avoir consulté un avocat est très risqué.

Une Notice Jaune équivaut-elle à un signalement de disparition ?

Non. Un signalement de disparition relève des services de police du pays concerné. Une notice jaune est un instrument d'INTERPOL prévu par l'article 90 du RTD, qui circule dans les 196 pays membres et y est consultable. Elle ne doit servir que lorsqu'il est réellement nécessaire de retrouver une personne disparue à l'étranger ou d'identifier une personne incapable de décliner son identité.

Comment savoir s'il existe une Notice Jaune me concernant ou concernant mon enfant ?

INTERPOL ne publie sur son site public qu'une partie des notices jaunes. Beaucoup n'y figurent pas. Le seul moyen d'en avoir la certitude est de déposer une demande d'accès auprès de la CCF. Si vous avez des raisons de penser qu'une notice existe, par exemple parce que vous avez rencontré des difficultés aux frontières ou des problèmes inexpliqués de visa ou de titre de séjour, ou parce que la notice a été évoquée devant le juge de la famille, c'est par là qu'il faut commencer.

Quel est le taux de réussite d'une demande de suppression de Notice Jaune ?

La CCF publie des statistiques de conformité dans son Rapport d'activité annuel. En 2024, elle a jugé les données non conformes dans 60 % des demandes de suppression tranchées au fond, toutes catégories de notices confondues, mais les dossiers de notice jaune comptent souvent parmi les plus difficiles. En cas d'enlèvement parental, la Commission admet difficilement que le but de l'article 90 soit atteint : connaître le pays de résidence ne suffit pas, et le requérant doit démontrer que la localisation exacte est établie et qu'il ne reste aucun risque de départ vers un autre pays. La suppression est plus probable lorsque la notice a manifestement été détournée dans un conflit familial, notamment de garde, lorsque la personne est devenue majeure, ou lorsque l'intérêt supérieur de l'enfant, que la Commission rattache à l'article 2, est clairement en jeu.

Ai-je besoin d'un avocat pour contester une Notice Jaune ?

Rien n'oblige à être représenté par un avocat devant la CCF. Vous pouvez déposer une requête seul. Mais le cadre juridique appliqué par la CCF est technique et exigeant, et les dossiers de notice jaune reposent souvent sur un contexte familial délicat, qui doit être présenté avec soin. La qualité de la requête, la construction des arguments au regard de l'article 90 et du Statut, et la présentation des pièces pèsent directement sur l'issue. Otherside apporte également un soutien spécialisé aux cabinets d'avocats qui traitent des dossiers INTERPOL pour leurs propres clients.

Étape suivante

Besoin d'aide pour supprimer une Notice Jaune ?

Le cabinet se consacre exclusivement à la suppression de notices jaunes, au droit INTERPOL, aux procédures devant la CCF et à la protection des personnes contre le détournement des systèmes d'INTERPOL. Un entretien préalable gratuit de 30 minutes sur Zoom est proposé lorsque les critères d'intervention du cabinet sont remplis.