Dans le cadre de son enquête China Targets, le Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ) a révélé comment les autorités chinoises utilisent les notices rouges d’INTERPOL pour poursuivre à l’étranger des individus — parfois dans des affaires à forte dimension politique. L’avocat Charlie Magri, spécialiste de la défense face à INTERPOL et ancien juriste au sein de la Commission de contrôle des fichiers d’INTERPOL (CCF), a été invité à partager son analyse sur les réformes nécessaires pour renforcer les garanties contre ces abus.

Magri a souligné que l’organisation manquait encore de transparence quant à la manière dont elle identifie les schémas d’abus.

« L’absence de ventilation par pays rend impossible l’identification de schémas de mauvaise utilisation par certains États membres — une étape essentielle pour lutter contre les abus à motivation politique », a déclaré Charlie Magri à l’ICIJ.

Il a également insisté sur l’importance de rendre publiques les mesures correctives mises en place par INTERPOL à l’encontre des pays qui abusent du système :

« Une transparence accrue renforcerait la confiance dans les procédures d’INTERPOL et rassurerait le public sur le fait que des actions concrètes sont entreprises pour prévenir les abus. »

Actuellement, INTERPOL peut imposer diverses mesures internes — notamment un contrôle renforcé des demandes de notice rouge ou une suspension temporaire d’accès — à l’encontre des pays soupçonnés d’abuser du système. Toutefois, l’organisation révèle rarement quels pays sont visés par ces sanctions. Charlie Magri a soutenu que rendre ces informations publiques contribuerait non seulement à restaurer la confiance du public, mais aussi à renforcer la responsabilité et l’intégrité institutionnelle, sans pour autant politiser le processus.

À travers son cabinet Otherside, Charlie Magri représente désormais des individus à travers le monde confrontés à des notices rouges à motivation politique, en les aidant à contester ces alertes devant INTERPOL.